La BBC affirme que le Brexit pourrait mettre en péril le recrutement d’étudiants étrangers au Royaume-uni, et se fonde pour cela sur un sondage… qui indique le contraire !

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Brexit terror : La BBC affirme que le Brexit pourrait mettre en péril le recrutement d’étudiants étrangers au Royaume-uni, et se fonde pour cela sur un sondage… qui indique le contraire !

brexit-terrorÀ en croire la BBC, les universités britanniques pourraient avoir des difficultés à recruter des étudiants étrangers en cas de Brexit. La grande entreprise radio-télévisée britannique fonde cette annonce inquiétante sur un sondage réalisé auprès de 1763 étudiants – britanniques ou pas – travaillant actuellement dans 15 universités du Royaume-Uni – dont deux du Russell Group et sept nouvelles universités.

Comme pour toutes les prophéties apocalyptiques concernant la sortie de l’UE, je conseille à mes lecteurs d’aller y regarder d’un peu plus près.

Or, vérification faite, il apparaît qu’il s’agit d’une énième désinformation puisque les résultats du sondage disent…. le contraire du grand titre que la BBC a asséné à ses millions d’auditeurs !

Sur le site même de la BBC, on lit en effet ceci :

« Les trois quarts [ des 1763 étudiants sondés ] étaient des ressortissants de pays extérieurs à l’UE [ donc 25% des sondés sont Britanniques ou « européens » ], les deux tiers effectuaient des études supérieures, un peu plus de la moitié étaient des femmes et près des deux tiers étaient âgés de moins de 24 ans.

Sur les 1529 étudiants qui ont exprimé une opinion :

– 47% ont déclaré que les universités britanniques seraient moins attractives en cas de Brexit,

– 17% ont déclaré qu’elles seraient plus attractives,

– 35% ont dit qu’il n’y aurait aucune différence. »

[ Nota : ce qui donne curieusement un total de 99% et non de 100%]

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Si les mots et les statistiques ont un sens, ces résultats signifient très exactement que seule une minorité des étudiants sondés (47%) craignent qu’un Brexit ne rende les universités britanniques moins attractives.

Il se trouve en revanche 53% des étudiants qui estiment qu’un Brexit rendra les universités britanniques autant, voire plus attractives qu’auparavant…

Mais il y a mieux.

Le même sondage précise – au détour d’une phrase qu’il faut regarder à la loupe – qu’il « y a des différences considérables [ dans les réponses faites ] par les étudiants qui sont ressortissants d’un pays de l’UE et ceux qui sont ressortissants d’un pays en dehors de l’UE.»

Et les résultats du sondage de poursuivre que « 82% des étudiants venant de l’UE [Britanniques compris] ont indiqué que le Brexit rendrait le Royaume-Uni moins attrayant, contre seulement 35% des étudiants venant d’en dehors de l’UE. »

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Ces résultats montrent donc que ce sont essentiellement les étudiants britanniques et les étudiants non-britanniques mais venus d’un autre pays de l’UE (25% de l’échantillon) qui ont affirmé massivement que le Brexit nuirait au recrutement d’étudiants étrangers au Royaume-Uni.

En un mot, 82% des étudiants britanniques ou ressortissants d’un État de l’UE ont tout bonnement répété ce qu’ils entendent, à longueur de cours et à longueur d’antenne dans leurs pays respectifs, sur l’Apocalypse que constituerait une sortie de l’UE. Probablement a-t-on dû leur expliquer que les échanges d’étudiants Erasmus seraient impossibles une fois le Royaume-Uni sorti de l’UE, en leur cachant que le programme Erasmus comprend des pays hors UE, comme par exemple l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège, la Turquie, la Macédoine (et la Suisse sous une autre dénomination)…..

Cela signifie a contrario qu’il se trouve quand même près de 1 étudiant « européen » sur 5 pour penser le contraire, à savoir qu’un Brexit ne serait pas nocif.

Ce sondage montre par ailleurs que les 2/3 des étudiants étrangers hors-UE estiment qu’un Brexit ne rendrait pas moins attractives les universités britanniques, ou même les rendrait plus attirantes.

Ce dernier point est très important. Il signifie que les très nombreux étudiants venus du Commonwealth pour étudier outre-Manche (venus du sous-continent indien, d’Afrique de l’est, du Moyen-Orient, de la Caraïbe, d’Australie ou de Nouvelle-Zélande) ont une vision beaucoup plus positive et saine du Brexit. C’est la preuve qu’ils n’ont pas été endoctrinés par les médias de masse euro-hystériques, et qu’ils ont une perception bien plus réaliste et consciente des grands enjeux mondiaux.

CONCLUSION

Si l’on y réfléchit bien, ce sondage confirme totalement mes analyses sur l’apartheid planétaire que constitue la prétendue « construction européenne ».

D’un côté, les étudiants britanniques et « européens », victimes d’une propagande massive, habitués à ne plus raisonner mais à céder à des réflexes de peur.

De l’autre côté, les étudiants indiens, pakistanais, bangladeshis, srilankais, nigérians, kényans, sud-africains, jamaïquains, australiens, néo-zélandais, fidjiens, etc., qui raisonnent au vu de ce qu’est devenue la planète au XXIe siècle : un monde où l’on ne doit plus trier les peuples en fonction de la couleur de la peau ou de la religion, un monde où tous les peuples et toutes les civilisations doivent échanger marchandises et idées tout en veillant à garder leurs souverainetés et leurs identités propres.

François Asselineau

Source : http://www.bbc.com/news/education-36286057